Alors, Naples, c’est quoi et c’est comment? (plan ICI)

Naples est LA ville de LA pizza
Et la seule, l’unique qui soit vraiment une pizza, la pizza napolitaine, et de 2 types seulement : la pizza Margherita (inventée en l’honneur de la Reine Margherita di Savoia) aux couleurs de l’Italie unifiée, et la Marinara (surtout pas aux fruits de mer, son nom indique celle, sans fromage, que les marins pouvaient donc emporter sur leur bateau). Il faut absolument aller à l’antica pizzeria Da Michele, (plus de 1000 pizza /jour!!) évidemment, mais allez-y de préférence à vers midi, entrez et demandez un numéro d’appel, ça va assez vite et, aux alentours de midi, ça n’est pas mission impossible. La Margherita, doppia mozzarella (di buffala, s’intende !), à 5€, est gigantesque et succulente. Da Michele, c’est une institution depuis 1870, il ne faut pas rater ça (quitte à ne plus pouvoir manger de pizza Margherita une fois rentrés en France…) ; le fils de Michele, Luigi, surveille les opérations… C’est la pâte qui fait tout… The best pizza in the world (video) (dit une Américaine… comme Julia Roberts).

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Naples est une ville où l’on se régale :
Les incontournables sfogliatelle : par exemple, da Mary (Naples)
Les babà (le meilleur serait da Mary galleria Umberto, mais aussi au café, rue du Duomo).
Pâtes : les scialatielli , spécialité amalfitaine devenue campana.
La glace à la Casa Infante, via Chiaia à Naples par exemple.
Le café Kimbo (de 0,80€ à 1€), servi, comme assez souvent en Italie, accompagné de son verre d’eau naturalizzata, c’est à dire frizzante, gazeuse maison, quoi.

Il est quasiment impossible de mal manger à Naples, mais nous avons testé :
Naples : à défaut d’aller tous les jours (2 fois, c’était déjà une réussite!) à l’incontournable antica pizzeria Da Michele, nous avons testé et aimé le Ristorante pizzeria Stella, lungomare Partenope, 2A. Pizze pas chères, endroit agréable, même à midi sous les parasols, divin le soir et fréquenté par beaucoup de Napolitains. Goûter les scialatielli (pâtes maison typiques d’Amalfi et de Campanie) con zucchine e gamberoni, à tomber…
Anacapri : restaurant La Rondinella, presqu’au bout de la ruelle principale d’Anacapri, recommandé par le Michelin et y déguster les scialatielli alle zucchine e provola (mozzarella fumée). Idéal l’été, terrasse à l’ombre sous les bougainvillées en fleurs.
Capri : manger la glace au limoncello (ou celle à la pistache de Sicile) Da Alberto, Via Roma, 9 (à côté de la piazzetta en arrivant du funiculaire)
Ischia : aller à Sorgeto, et savourer – pour pas cher – le savoureux misto di mare al limone (poissons et petits poulpes frais au citron), ou les paccheri all’ortolana au délicieux restaurant La Sorgente, quasiment les pieds dans la mer…

Naples n’est pas une ville faite pour les touristes, ni pour les piétons :
-pour traverser à pied, partout, armez-vous de patience… ou de la cape rouge d’un toréro : c’est olè olé… Que ça soit bien clair: question circulation à Naples, personne ne s’arrête jamais, voitures et scooters sont prioritaires, la voiture vous contourne tandis que le scooter contourne la voiture… Lisez ICI, on a testé, tout est dit !
-Observation d’un petit ¼ d’heure à un feu rouge, dans la montée Corso V.Emanuele au dessus de la Via dei Mille : 1 voiture sur 2 brûlait le feu rouge (archi-rouge) et 2 scooters sur 3 ne s’y arrêtaient jamais…
-dans les transports en commun, à l’intérieur des bus notamment, ne cherchez pas le plan des stations, il n’y en a jamais (Naples, c’est pour les locaux… qui savent, eux) : demandez au conducteur, à la montée, de vous indiquer et de vous signaler quand et où descendre en restant à ses côtés. Question ponctualité et fréquence des passages, c’est assez aléatoire. Sur la ligne C63, à hauteur du Musée de Capodimonte, vers 13h, on a attendu 50 mn un bus sans raison (rues désertes et sans embouteillages)… Les conducteurs faisaient-ils la sieste au terminus ??
-les musées : à ma connaissance, deux musées majeurs et nationaux. Dont la gestion (ouverture, horaires et autres) échappe à toute logique rationnelle : salles ouvertes au petit bonheur la chance, puis refermées une heure après… Vestiaire indiqué en bas du musée, puis déclaré fermé au guichet 3 escaliers plus bas…. Des Italiennes (d’Emilie-Romagne) nous ont dit en rigolant que Kafka avait dû venir ici s’inspirer avant de se mettre à écrire… Jamais vu, ailleurs en Italie, une gestion aussi étrange des musées (sans compter le refus quasi systématique de la carte Visa). Paradoxe : il faut se balader avec pas mal d’argent sur soi… Or :

Naples est une ville assez stressante et à l’atmosphère étrange :
-c’est la ville des types assis à ne rien faire, ici sur leurs scooters, ou là sur un banc, qui attendent, surveillent, ou glandent… Regardez bien, vous en verrez souvent, assis sur un banc, avec un téléphone portable. Des types qui (du moins en apparence) ne font rien. Ou passent l’après-midi à nourrir les tortues de la fontaine du jardin de Villa Floridiana
-c’est la ville des scooters. En quantité incroyable, ils montent parfois à 3 parfois 4 dessus, enfants compris, et sans casque. Attention à ceux qui dévalent de l’Ouest de la via Toledo, et dans le Centro Storico, ça surprend et ça stresse… Mais c’est Naples !
-c’est la ville où sortir le soir n’est pas simple: éviter le quartier de la gare, et les rues désertes. Se limiter au lungomare Via Partenope, la via Chiaia et ce quartier-là, et basta.
-déambuler sans aucun bijou ni rien de tape-à-l’œil ; pas d’effets personnels apparents et très peu de choses sans un sac anodin.
éviter le sac à main épaule ou alors avec 1 seule CB et juste un peu d’argent comme ça si on vous l’arrache à scooter, laissez le partir…)… L’idée étant que le voleur à la tire s’attaque plutôt à l’Américain à peine descendu de son bateau de croisière avec sa Rolex à la main ou à la touriste japonaise vraisemblablement repérée à la sortie de son hôtel de luxe…
-bref, déguisez-vous en Napolitains : tenues simples, t-shirt ; idéalement, pas de sac. Ou alors, toujours entre vous et votre compagne ou compagnon. Pas du côté de la route. Le « scippo » est sport national, faites-en sorte que ça ne tombe pas sur vous…
-ne vous enfoncez en aucun cas, de nuit comme de jour, dans le quartier à l’ouest de la via Toledo (quartier Espagnol)
-évitez le déambuler dans les rues désertes. Si vous sortez le soir, prenez 5 euros pour la glace, pas de sac, vous aurez l’air encore plus du coin…

Naples est une ville à deux visages, mais à découvrir
Grosso modo, Naples a deux visages : d’un côté la Naples de la luxueuse Via dei Mille et le lungomare du quartier Chiaia, et de l’autre la Naples autour de la Via Toledo avec la très populaire Spaccanapoli… Du coup, résider dans le quartier de Piazza Plebiscito est un bon compromis qui permet de vivre ces deux facettes de la ville (si contrastées, ne serait-ce qu’en terme de propreté des rues) dans prendre de risques inutiles.
Mon conseil : y rester une semaine, mais alterner avec des virées maritimes parce que Naples est une ville stressante. Nous avions choisi Ischia et Capri, mais la côté amalfitaine n’est pas impossible à faire non plus depuis le Molo Beverello (départs tous les jours).
Le Quartier de Pza Plebiscito et la Via Chiaia, non loin du Grancaffè Gambrinus (+ lungomare Chiaia, très agréable le soir) sont à privilégier, notamment pour le choix de l’hébergement. Fort recommandé et parfaitement situé, l’Hôtel Residence Plebiscito, qui propose notamment des petits apparts (on peut y faire un peu de cuisine, et il y a la clim) ; accueil hyper sympa (des Italiennes du Nord ne nous ont pas dit la même chose d’autres hôtels à Naples), petit déjeuner avec de délicieux croissants napolitains et sfogliatelle à foison

Naples ressemble à une ville où le temps s’est arrêté :
Parce que: le côté cagole-popu un peu ringard des gens sur le lungomare, le soir, les cafés ou restau qui diffusent des musiques années 80 (la faute à la chanson napolitaine, que rien ne détrône, surtout pas les tubes les plus récents ?), la dévotion un peu poussiéreuse à l’indétrônable Maradona ou à l’acteur Totò, qui côtoie la Madonna au milieu des crèches de la rue San Gregorio Armeno. La relative saleté des rues et le (général) non tri des ordures… pas très XXIè siècle. Mais attachant.

Une semaine à Naples… à voir :
Arrivée aéroport Capodichino le jeudi après-midi, transfert par Alibus vers Pza Plebiscito, Hôtel Residence Plebiscito
J1 : remontée à pied avec détour Teatro San CarloGalleria Umberto I, via Toledo, puis dans le Centro Storico par la porta Alba (Piazza Dante). Arrêt Cappella San Severo (célèbre Cristo velato, les incroyables statues anatomiques). Remontée de la via San Gregorio Armeno (ses crèches, bazars et boutiques avec statuettes à la gloire de Totò, Maradona et Pulcinella ; l’une des rues les plus typiques de Naples). Arrêt église et monastère San Gregorio Armeno. Sœurs bénédictines gardiennes de l’endroit. Dans le cloître, voir la Nativité en bois du ‘400, sans doute exécutée par une femme menuisier florentine. À voir aussi : la chapelle, peinte par Matteis, disciple de Caravage. Après-midi dans le Vomero (prendre le funiculaire stazione Augusteo), dans les jardins de Villa Floridiana puis à Castel Sant’Elmo (entrée gratuite en fin d’après-midi, et vue sur la baie de Naples une fois en haut).

J2 : départ de Napoli-Mergellina (le long de la riviera di Chiaia) pour l’Isola di Ischia (9.10), l’île aux 100 sources thermales naturelles. Une fois à Ischia, le bus n°1 nous porte en ¾ d’heure à Panza, où l’on descend à pied dans dans la crique de Sorgeto ; 300 marches à descendre, mais ces thermes naturels en valent vraiment la peine… l’après-midi, dans une eau almentée par une source volcanique à 100°C (des patates cuisent à la source, tandis que les préparateurs de masques à l’argile (1€, juste avant de se replonger dans les vasques naturelles où arrive la source d’eau bouillante) sont à l’ombre de leurs grottes…). Video de la baie de Sorgeto.

J3 : Pompei (scavi) –villa Oplontis (villa de Poppée, épouse de Néron) – Ercolano (scavi) (via la circumvesuviana et avec la carte 5 sites). À choisir, je déconseille Pompei, étouffant, épuisant, truffé de touristes et de faux (mosaïques et fresques) (Venise à côté est un hâvre de paix) ; il vous suffira le visiter le Museo Archeologico Nazionale, bien plus instructif… La villa Oplontis est en revanche à voir et Herculanum est aussi plus passionnante et agréable à visiter. Zappez Pompei, allez aux deux autres où, qui plus est, il n’y a personne…

J4 : San Gennaro Duomo ; la crypte. Café + mini-babà via Duomo. La chiesa del Gesù Novo puis, juste en face, le Chiostro maiolicato di Santa Chiara, à ne manquer sous aucun prétexte… Midi : Da Michele, à manger à légendaire et unique pizza Margherita (à 5€ la pizza – doppia mozzarella, of course ! – et une bière, on s’en tire à 14€ à deux, c’est quelque chose).

J5 : départ pour l’Isola di Capri à 8.05 du Molo Beverello à Naples. Tour de l’île en bateau de 10 à 11h. Impossible de visiter la Grotta Azzurra car mer trop agitée. On passe à la Grotta Bianca et ses stalactites calcaires (dont une fameuse stalagmite en forme de Madone) à la Grotta Verde, la Grotta Rossa (bordée de coraux accrochés aux rochers). Villa de Malaparte. Bus pour Anacapri (oh !! la conduite sportive du mini-bus sur la route en surplomb de la mer !!). Magnifique et tranquille Anacapri ; visite de la Chiesa San Michele avec sa nef au sol toute en faïence, et l’époustouflante Casa Rossa… Restau à La Rondinella. Arrêt shopping à la boutique du Sandalo Caprese di Antonio Viva.  Arrêt au belvédère de la Villa San Michele. Bus pour Marina Grande, funiculaire pour Capri. Gelato Da Alberto (le limoncello et la pistache !). Via V.Emmanuele, Via serena, via Caremelle (alignement de boutiques de luxe de Chanel à Brunello Cucinelli en passant par Bottega Veneta et Pomellato !) ; mais un peu trop enfilades de marques quand même. Filer alors en direction des Giardini di Augusto, après les parfums Carthusia et un vendeur de granite al limoncello, puis vers la via Krupp en surplomb de la mer turquoise côté Marina Piccola. Retour en funiculaire et bain à Marina Grande en attendant le bateau pour Naples de 19.10.

J6 : visite des fantastiques catacombe di San Gennaro (billet couplé avec celles de San Gaudenzio, que nous n’avons pas pu voir) ; superbes et passionnantes catacombes avec fresques du IXè siècle ap-JC, c’est vraiment à voir. Retour en bus Pza Dante et Pizza Da Michele, via Sersale. Après-midi : à pied  jusqu’au Museo Archeologico Nazionale (dont l’ouverture des salles est étrangement organisée, une guide nous adresse même cette phrase hallucinante : « visitate prima e poi capite » (visitez d’abord et vous comprendrez après… Je me dis qu’on devrait aussi dire ça à l’entrée du Louvre et qu’on verrait le résultat…). Fresques et mosaïques de Pompei : on se rend mieux compte et c’est plus intéressant que Pompei elle-même… Repos à l’hôtel, gelato a Casa Infante et jolie balade nocturne dans Castel dell’Ovo, quartier du port de Santa Lucia… La pleine lune se reflète dans la baie de Naples.

J7 : Montée en bus (C63 depuis Pza Dante, via Toledo) vers le Museo di Capodimonte. Un musée qui vaut vraiment le coup (Mantegna, Primitifs italiens, peintures de la Renaissance) même si les horaires d’ouverture des salles répondent à des critères d’organisation plutôt étranges… Repas de midi (scialatielli con zucchine e gamberoni) chez Stella, lungomare Partenope, retour à l’hôtel puis à l’aéroport par l’Alibus…

Voir la CARTE DE NAPLES

Antica pizzeria Da Michele: reportage sur la meilleure pizza du monde: